Le thé, au-delà d'une boisson

Ingi Amr Dimanche 05 Janvier 2020-13:20:25 Chronique et Analyse
Le thé, au-delà d'une boisson
Le thé, au-delà d'une boisson

Le thé est sans doute la boisson aromatique la plus ancienne et la plus consommée à l'échelle mondiale. Le thé est la boisson de tous les jours. L'on commence sa journée avec une tasse de thé. Au milieu de la journée, une autre tasse pour se concentrer. Comme est l'habitude anglaise, une tasse à siroter vers cinq heures de l'après midi. Le thé est essentiel chaque jour. 

 

 

Le thé est la deuxième boisson la plus consommée au monde après l’eau. Il rafraîchit, tout en favorisant la vigilance en raison de sa teneur modérée en caféine. (source: passeportsante.net).

Le thé est une plante qui a pour origine la Chine. Lors de la récolte, le thé est sous forme de petites feuilles vertes claires accompagnées d'un bourgeon, à l'extrémité des branches, qui est blanc et duveteux.

Pour en tirer le maximum de bienfaits, on doit infuser le thé vert ou le thé noir en feuilles au moins 2 minutes à 90°C. Plus le thé vert est infusé longtemps, plus son pouvoir antioxydant est grand. C’est du moins ce qui ressort d’une étude dont l’objectif était de mesurer le pouvoir antioxydant de thés préparés selon les méthodes les plus couramment utilisées. L’auteur de l’étude mentionne aussi qu’il est préférable de boire le thé noir sans lait puisque celui-ci, particulièrement lorsqu’il n’est pas écrémé, diminue le pouvoir antioxydant du thé.

Cette boisson contient des valeurs nutritionnelles. Chaque 100ml de thé contiennent 0.1g de protéïnes, 99.9g d'eau, 0.01mg de vitamine B2, 1 mg de vitamine b9, 1 mg de magnésium, 19 mg de potassium, 1 mg de phosphore.  

 Le thé regorge de bienfaits pour la santé. Il est riche en  antioxydants. Ce  sont des composés qui protègent les cellules du corps des dommages causés par les radicaux libres. Ces derniers sont des molécules très réactives qui seraient impliquées dans le développement des maladies cardiovasculaires, de certains cancers et d’autres maladies liées au vieillissement. Le thé contient plusieurs polyphénols, une vaste famille d’antioxydants dont les trois principaux sont les catéchines, les théaflavines et les théarubigines. La teneur en polyphénols du thé peut varier en fonction de plusieurs facteurs comme le climat, la saison, la variété de thé, sa fraîcheur et le temps d’infusion. En général, le thé vert aurait une plus grande activité antioxydante que le thé noir.

Le thé, ou certains de ses composés, serait bénéfique à la santé cardiovasculaire. Parmi ces composés, on note les antioxydants qui joueraient possiblement un rôle important. En effet, des études d’observation ont laissé entendre qu’une consommation élevée de flavonols, dans certains cas provenant principalement du thé, ainsi qu’une consommation élevée de catéchines, provenant du thé et d’autres sources, étaient associées à un risque plus faible de décès par maladie cardiovasculaire.

Des études in vitro laissent entendre que le thé vert aurait des propriétés bénéfiques pour la prévention du cancer.

Des revues de la littérature scientifique indiquent que le thé, qu’il soit vert ou noir, peut contribuer à diminuer la formation de la carie dentaire.

Quelques études cliniques ont démontré que les catéchines du thé pouvaient entraîner une légère diminution du poids corporel et du pourcentage de matières grasses. Cet effet pourrait s’expliquer notamment par une augmentation du métabolisme. Cependant, la plupart de ces études portaient sur des extraits purifiés de thé vert.

Une étude d’observation a porté sur le lien potentiel entre le thé et les fonctions cognitives chez les personnes âgées. Les chercheurs ont découvert que les personnes qui consommaient deux tasses ou plus de thé vert par jour avaient un risque significativement plus faible de détérioration cognitive.

Des études d’observation chez des femmes âgées indiquent une association entre une consommation régulière de thé et une meilleure densité osseuse. Des hypothèses ont été émises pour expliquer ces résultats, notamment le contenu en fluor et en flavonoïdes du thé qui pourrait avoir une influence sur la santé osseuse.

 

Bien choisir son thé

Le thé en sachet, qu’il soit vert ou noir, est rarement d’aussi bonne qualité que le thé en feuilles. Chaque fois qu’on le peut, il est donc préférable de se procurer du thé en feuilles.

On distingue quatre grandes catégories de thé, que l’on classe par leur couleur, soit le blanc, le vert, le oolong (qu’on écrit aussi Wu long) et le noir. Ce sont les opérations de transformation que les feuilles doivent subir qui les différencient : pour le thé blanc, elles sont simplement flétries puis séchées, pour le thé vert, elles sont torréfiées, roulées puis séchées; pour le oolong, elles sont flétries, roulées, oxydées (« fermentées ») partiellement et torréfiées tandis que pour le thé noir, elles sont soumises aux mêmes opérations, mais leur oxydation est menée à son terme; de plus, les feuilles sont triées, les entières d’un côté, les brisées de l’autre.

Le thé doit être conservé dans un contenant étanche, au frais, au sec et à l’abri de la lumière et de toute substance fortement odorante qui pourrait lui communiquer sa saveur. L’humidité étant l’un de ses pires ennemis, il n’est généralement pas recommandé de le garder au réfrigérateur, à moins qu’il soit conditionné dans un emballage spécialement conçu à cet effet.

Il est préférable d’acheter de petites quantités de thé à la fois, de façon à s’assurer de la fraîcheur du produit.

 

Du thé pour un cerveau en meilleure santé

Une étude réalisée par l’Université nationale de Singapour a récemment démontré que les personnes adeptes du thé auraient de meilleures fonctions cognitives. (doctissimo.fr).

Selon une étude réalisée par des chercheurs de Singapour, les personnes qui boivent au moins 4 tasses de thé par semaine ont un cerveau en meilleure santé. Pour arriver à ces résultats, l’équipe de Feng Lei, auteur principal de l’étude, s’est penchée sur les données d’imagerie cérébrale de 36 personnes.

Entre 2015 et 2018, les participants ont donc passé une série de tests neurologiques, passé des IRM, et le résultat est sans appel : les participants qui ont pour habitude de consommer du thé (vert ou noir) voient leurs régions cérébrales être davantage interconnectées.

Selon Feng Lei, ces bienfaits se manifestent de façon protectrice : le thé aurait la capacité d'agir contre le déclin de l’organisation cérébrale, liée au vieillissement. Pour comprendre, l’auteur de l’étude compare les régions du cerveau à des destinations : si les routes sont mieux organisées, alors elles sont plus efficaces et la circulation nécessite moins de ressources. Idem pour le cerveau, plus les régions sont connectées, plus elles sont efficaces et donc, moins enclines au vieillissement.

 

Histoire du thé

Selon les sources, « thé » vient du malais têh ou de l’amoy (dialecte chinois) t’e. Il est apparu sous sa forme actuelle dans la langue française en 1589. Presque tous les noms qu’on a donnés à cette plante dans le monde viennent soit de ce mot soit du mandarin cha (d’où les mots japonais bancha, sincha, sencha, matcha, etc. pour désigner les diverses catégories de thé vert).

Le théier est un arbre ou arbuste à feuilles persistantes qui, à l’état sauvage, peut atteindre dix mètres, mais que l’on taille généralement à un mètre pour faciliter la récolte. Selon la région ou le climat, la récolte s’effectue tous les 7 à 15 jours. Appartenant au même genre botanique que le camélia, un arbuste à la floraison somptueuse et au parfum envoûtant, le théier vient comme lui des régions montagneuses se situant entre la Chine et l’Inde. Le théier est adapté au climat des régions tropicales et sub-tropicales du globe. En se propageant vers ces deux pays, l’espèce s’est différenciée en deux groupes (ou sous-espèces) relativement distincts, soit Camellia sinensis sinensis, que l’on trouve encore à l’état sauvage dans le sud-ouest de la Chine, et Camellia sinensis assamica, plutôt originaire de la région d’Assam (Inde), qui s’est étendu dans le sud-est de l’Asie jusqu’au Vietnam.


La découverte du thé est entourée de légendes. Citons celle de l’empereur Shen Nong, qui aurait vécu il y a près de 5 000 ans : pendant qu’il se reposait en buvant de l’eau chaude, une feuille de théier sauvage serait tombée dans sa tasse. Il aurait apprécié la saveur astringente et rafraîchissante de cette boisson.

Ce n’est qu’autour du IIIe siècle de notre ère que les écrits chinois le présentent comme une solution de rechange au vin, que l’on boit alors quotidiennement. Il fera graduellement sa place à la table chinoise, devenant la boisson de tous les jours. Puis, autour du VIIIe ou IXe siècle, il est introduit au Japon par un moine bouddhiste, qui recommande son emploi pour favoriser la méditation.

C’est un jésuite portugais qui l’aurait introduit en Europe en 1560. Peu à peu, son usage se répandra au point d’être, aujourd’hui, la boisson non alcoolisée la plus populaire dans le monde, après l’eau.

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